Juan Carlos Gafo

Juan Carlos Gafo Acevedo (Madrid, 2 de febrero de 1963) es un diplomático y militar español.

Licenciado en Derecho y Teniente del Cuerpo Jurídico de la Armada, ingresó en 1991 en la Carrera Diplomática. Ha estado destinado en las Representaciones Diplomáticas Españolas en Jerusalén, Irán y Argentina. Ha sido Director de Organismos Humanitarios en la Oficina de Derechos Humanos de la Secretaría General de Política Exterior y en julio de 2003 fue nombrado Subdirector General de Programas y Convenios Culturales y Científicos del Ministerio de Asuntos Exteriores. Desde abril de 2004 a septiembre de 2008 fue Director del Departamento de Protocolo de la Presidencia del Gobierno. Fue Embajador de Espaňa en el Líbano entre enero de 2009 y julio de 2012. Posteriormente fue vocal asesor en la Dirección General de Medios y Diplomacia Pública del Ministerio de Asuntos Exteriores.

Entre octubre de 2012 y julio de 2013 ocupó el puesto de Director Adjunto de la Oficina del Alto Comisionado del Gobierno para la Marca España. Dimitió tras un desafortunado tuit, del que inmediatamente pidió disculpas. Desde julio de 2013 a agosto de 2014 pasó a ocupar el puesto de Vocal Asesor en la Dirección General de Relaciones Económicas Internacionales del Ministerio de Asuntos Exteriores. Desde agosto de 2014, es Cónsul General de España en Melbourne.

Hommage à la Catalogne

Hommage à la Catalogne (titre original : Homage to Catalonia) est un ouvrage de l’écrivain britannique George Orwell, qui traite de la Guerre civile espagnole, paru en 1938. L’édition française, dans une traduction d’Yvonne Davet, est publiée pour la première fois en 1955 aux éditions Gallimard sous le titre La Catalogne libre.

Il s’agit du récit de l’auteur sur son engagement durant la guerre d’Espagne, écrit à la première personne. Orwell se bat en Catalogne et dans la région d’Aragon de décembre 1936 jusqu’en juin 1937, date à laquelle, à la suite des Journées de mai à Barcelone, le parti duquel dépendait la milice dans laquelle il combattait, le POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste), est déclaré illégal et ses militants pourchassés, ce qui le force à fuir d’Espagne.

Son discours est autant une évidente critique du pouvoir franquiste que la dénonciation des agissements des groupes stalinistes, dont furent victimes les militants du POUM. On retrouve les thèmes de cet étau totalitaire dans 1984, son roman le plus connu.

Si ce récit n’est pas une autobiographie, il est à la croisée du témoignage historique et de l’essai. Orwell, comme Malraux ou Capa, fut de ces intellectuels de gauche qui s’engagèrent spontanément dans les troupes républicaines, et allèrent au cœur de la guerre civile espagnole. En cela, Hommage à la Catalogne est une pierre angulaire de l’œuvre d’Orwell : c’est la confrontation de ses idéaux au réel. Cette expérience influence tout son parcours littéraire postérieur et la plupart de ses romans les plus connus.

Dans Hommage à la Catalogne, Orwell arrive à Barcelone en 1936, dans une ville en pleine ébullition, dans l’intention première d’y faire son travail de journaliste. Mais il décide rapidement de s’engager dans les milices du POUM. La révolution et les anarchistes remodèlent la ville catalane, modifiant les habitudes de la population civile : le « salud » est de mise au lieu du traditionnel « buenos dias », et on efface le « usted », le pronom personnel de politesse utilisé en espagnol, ainsi que le « don ». Orwell raconte ensuite sa vie dans les tranchées, pendant l’hiver 1937. Il quitte finalement le front fin mai 1937 à la suite d’une blessure au cou. Il est alors démobilisé, et retrouve sa femme Eileen à Barcelone.

Orwell réalise alors que la situation des anarchistes s’est nettement dégradée et que la ville a régressé jusqu’à devenir une Barcelone divisée, dominée par les stalinistes du Parti communiste. Les différents partis républicains se déchirent dans les rues de la ville. Après les Journées de mai, le POUM est déclaré hors-la-loi par le gouvernement. Les miliciens qui s’y étaient engagés sont persécutés. Néanmoins, ceux restés au front ne sont pas tenus au courant : « Je sais bien que c’était une tactique courante de laisser ignorer aux troupes les mauvaises nouvelles […] Mais c’était tout autre chose d’envoyer des hommes au combat, et de ne pas même leur dire que derrière leur dos on était en train de supprimer leur parti, d’accuser leurs chefs de trahison et de jeter en prison leurs parents et leurs amis ». À cause de cela, Orwell décide de quitter l’Espagne en juin.

La dédicace liminaire du livre se compose de deux proverbes bibliques (XXVI, 4-5): « Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur de lui ressembler toi-même. Réponds à l’insensé selon sa folie afin qu’il ne s’imagine pas être sage. » Cette dédicace est étonnante de la part de l’auteur qui, dans La Ferme des animaux, tournait en dérision la religion en la parodiant à travers un culte satirique, centré sur les animaux, qu’il invente, ainsi qu’à travers la figure du corbeau Moïse : suivant l’idéologie marxiste, il la considère comme l’opium du peuple.

Si 35 000 volontaires choisissent de rejoindre le conflit qui déchire l’Espagne en formant les Brigades internationales, Orwell prend le parti de rejoindre le POUM, accompagné de son épouse Eileen, recommandés par l’Independent Labour Party (ILP).

D’abord inconscient des différences politiques, il se retrouve dans une brigade du POUM „simplement parce que [il] étai[t] venu en Espagne avec un laissez-passer de l’I.L.P“. Durant un certain temps, il ne comprend pas pourquoi tous les socialistes ne forment pas un parti unique. Mais il est peu à peu rattrapée par la réalité espagnole, où les communistes affiliés au Komintern et le PSUC veulent d’abord mener la guerre, alors que les militants de la CNT-FAI et le POUM veulent mener de front la guerre et la révolution. Il est dans un premier temps plus proche de l’idéologie des „communistes“, et a durement critiquée la ligne du POUM. Il a aussi voulu rejoindre les Brigades Internationales pour se battre, malgré l’avis de ses compagnons. Il ne les rejoindra finalement pas. Après sa blessure, il revient à Barcelone, où l’atmosphère révolutionnaire est retombée. Éclatent alors les Journées de mai 1937 à Barcelone. Il se rend compte que la révolution est réprimée par le gouvernement, de plus en plus contrôlé par les communistes staliniens. Par la suite, Orwell, communiste convaincu, voit en le POUM la correspondance de son idéologie personnelle : rupture consommée avec le stalinisme, et « sorte de microcosme de société sans classes ». Il pose ainsi, dans un essai intitulé Why I write qu’il publie en 1946, la visée politique comme une des quatre motivations à son écriture (l’égoïsme pur, l’enthousiasme esthétique et la poussée historique étant les trois autres) : pour lui, l’art est intimement lié au fait politique. Il y cite de surcroit la Guerre d’Espagne comme l’événement qui lui a fait prendre conscience de l’importance du politique dans sa production : « La Guerre d’Espagne et les événements de 1936-37 ont complètement changé la donne, et j’ai alors su où je me tenais. Chaque ligne des écrits un tant soit peu consistants que j’ai pu produire depuis 1936 a été écrite, directement ou indirectement, contre le totalitarisme, et en faveur du socialisme démocratique, tel que je le conçois ». Après sa mise hors-la-loi, Orwell regrettera de n’être pas devenu membre du POUM.

Simon Leys, dans l’essai qu’il consacre à Orwell, met en exergue la frustration de la Première Guerre mondiale comme autre moteur de l’engagement du Britannique dans ce conflit espagnol. L’auteur, témoin de ce carnage militaire, confie ainsi à son ami Richard Rees combien il l’a marqué : « Parlant de la Première Guerre mondiale, il dit que les gens de sa génération avaient été marqués pour toujours par l’humiliation de n’y avoir pris aucune part. Bien entendu il avait été trop jeune pour y participer. Mais le fait que plusieurs millions d’hommes, certains d’entre eux guère plus âgés que lui, avaient subi une épreuve qu’il n’avait pas partagée, lui était apparemment intolérable.» Orwell oppose son engagement actif à la passivité des « communistes de salon », qui n’allèrent pas sur le terrain : il évoque Jean-Paul Sartre : « Je pense que Sartre est une baudruche et je vais lui donner un bon coup de pied. »

Orwell lui-même met en abyme son projet et ses motivations dans un article qu’il publie en 1949, soit peu avant qu’il n’ait finit la rédaction de son 1984 : « Tôt dans ma vie, j’ai remarqué qu’aucun événement n’avait jamais été relaté avec exactitude dans les journaux ; mais en Espagne, pour la première fois, j’ai lu des articles de journaux qui n’avaient aucun rapport avec les faits, ni même l’allure d’un mensonge ordinaire. J’ai vu l’histoire rédigée non pas conformément à ce qui s’était réellement passé, mais à ce qui était censé s’être passé selon les diverses “lignes de parti”. Ce genre de choses me terrifie, parce qu’il me donne l’impression que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de ce monde. »

Cette recherche de la vérité objective est donc essentielle : il s’agit pour lui de restituer le conflit espagnol de façon aussi proche de la réalité que possible. Ceci explique donc la précision des dates et des événements relatés dans Hommage à la Catalogne, si bien que plusieurs chapitres trop chronologiques ou fourmillant de détails politiques seront placés par son éditeur en annexe, pour ne pas en rendre la lecture trop fastidieuse.

Dans un entretien qu’il donne après la parution d‘Hommage à la Catalogne, il affirme avoir été incité à ne pas restituer la réalité de la guerre civile espagnole : « Un bon nombre de gens m’ont dit avec plus ou moins de franchise que l’on ne doit pas dire la vérité sur ce qui se passe en Espagne et sur le rôle joué par le parti communiste, parce que cela susciterait dans l’opinion publique un préjugé contre le gouvernement espagnol, en aidant ainsi Franco ». Toutefois, malgré ces pressions pour qu’il camoufle cette vérité-là, il a résisté, s’en tenant à son « opinion passée de mode et qui veut qu’à la longue, dire des mensonges ne paie pas ».

La dernière motivation à l’engagement d’Orwell au sein des brigades du POUM est la noblesse de la cause républicaine qui se dresse face à la montée du fascisme, et plus largement, l’espoir de voir l’idéal révolutionnaire s’accomplir sous ses yeux, d’en être un acteur. Il reconnaît lui-même que, derrière son engagement, « il y avait la foi dans la révolution et dans l’avenir, l’impression d’avoir soudain débouché dans une ère d’égalité et de liberté. Des êtres humains cherchaient à se comporter en êtres humains et non plus en simples rouages de la machine capitaliste. »

Imprégné de l’idéal révolutionnaire marxiste, Orwell s’engage donc dans un conflit qui n’est pas le sien, pour la beauté du geste. Il s’y engage en tant que « citoyen », comme il le précise lui-même : « Quand un écrivain s’engage dans la politique, il doit le faire en tant que citoyen, en tant qu’être humain, et non pas en tant qu’écrivain. »

« Dans la guerre de tranchées, cinq choses sont importantes : le bois à brûler, les vivres, le tabac, les bougies et l’ennemi. » explique Orwell, « Tel était bien leur ordre d’importance, l’ennemi venait bon dernier. »

Dans les premiers chapitres, Orwell est au front et décrit les conditions de vie. En effet, le froid est la première des préoccupations et le bois est essentiel. Il en va de même pour les vivres, le tabac et les bougies, chères et à économiser, mais les milices manquent de matériel et de ravitaillement. Les soldats sont mal équipés, notamment au niveau de l’artillerie : les fusils distribués sont vieux de 10 à 40 ans et s’enrayent régulièrement. Il n’y a pas assez de munitions et uniquement des cartouches de mauvaise qualité. Il y avait également pénurie de cartes et de plans, de longues-vues, de cisailles et autres outils utiles en temps de guerre. « Comment diable une armée de ce genre pourrait-elle gagner la guerre ? », s’interroge l’auteur.

Par ailleurs, Orwell, évoque la saleté, les odeurs nauséabondes, ce mal récurrent dans les guerres de tranchées. « Naturellement, nous étions toujours sales », n’ayant que de l’eau croupie pour boire et se laver. « La position puait abominablement, […], à l’entour de la barricade, il n’y avait que des déjections. »

Orwell souligne également le bruit incessant dans la tranchée et la capacité des miliciens à reconnaitre le calibre des munitions au bruit qu’elles font dans l’air, même s’il admet ne pas en avoir entendu souvent, car « il ne se passait rien, jamais rien » : l’auteur constate une inactivité sur le front, régulièrement, tout au long des premiers chapitres, il se demande quand commencera cette guerre. Les lignes fascistes tout comme celles du POUM sont calmes, et les seules attaques que se lancent les soldats sont des joutes verbales, des tentatives de propagande pour leur clan.

À côté de ces désagréments, l’auteur établit une image plus positive du front en évoquant la camaraderie entre militants : des liens solides se créent rapidement, malgré le fait qu’Orwell maîtrise mal l’espagnol. La loyauté des soldats espagnols est également louée par Orwell.

Quand Orwell est en permission à Barcelone, il constate que l’atmosphère révolutionnaire s’est dissipée (Chapitre 8) et que règne dorénavant une tension entre les anarchistes et les socialistes. Cela se solde par une série de combats, dans les quartiers ouvriers notamment, en mai 1937. Ils ont opposé, plus exactement, les anarchistes et les poumistes d’une part, partisans de la Révolution sociale, contre des groupes socialistes et communistes, et surtout les gardes civils, d’autre part.

Les émeutes commencent le 2 mai avec la prise du central téléphonique, racontée par Orwell. Le central téléphonique était contrôlé par la CNT (Confédération Nationale du Travail), ce qui donnait à ce syndicat un contrôle non négligeable sur les appels passés : le 2 mai, lorsque le ministre de la Marine et de l’armée de l’Air, Indalecio Prieto, demande à joindre la Généralité de Catalogne, on lui répond que le seul gouvernement présent à Barcelone est le comité de défense, et non plus la Généralité de Catalogne.

Lorsque Manuel Azaña, alors président de la république, voit son appel interrompu par un standardiste au motif que la ligne doit être utilisée à des fins plus importantes, le gouvernement décide de réagir. Le soir du 2 mai commencent les Journées de mai. Les rues redeviennent calmes le 8 mai. La presse évoque la mort de 500 personnes et un millier de blessés. Les anarchistes sont considérés comme battus. Ces journées mirent au jour une division profonde entre les dirigeants du CNT et les ministres issus du CNT dans le gouvernement républicain.

Le camp républicain, pour lequel se battait Orwell, était fortement divisé en son sein :

Le livre débute en décembre 1936, lorsque George Orwell arrive à Barcelone. L’auteur décrit l’atmosphère de la ville à ce moment, une atmosphère « peinte en rouge et noir », où les anarchistes semblent avoir le contrôle de la ville. Orwell parle d’idéalistes pour qualifier ces révolutionnaires, enthousiastes malgré les obstacles évidents. En effet, Orwell décrit les difficultés des milices du POUM, dont le manque de matériel : il parle de « multiforme » plutôt que d’uniforme car aucun milicien n’est vêtu de la même manière, et rappelle le manque d’armes. Il évoque aussi le cas de recrues de 16 ou 17 ans, non-préparées à la guerre. Orwell prend également le temps de décrire l’état d’esprit espagnol : il parle de générosité, de fraternité presque innée. Néanmoins, il se montre exaspéré par la tendance à remettre les choses à « mañana » (demain). À la fin du premier chapitre, le protagoniste part pour le front en Aragon.

Le chapitre 2 se passe dans la région de Saragosse, du côté d’Alcubierre, où les milices sont arrivées en janvier 1937. Orwell y fait la connaissance d’un compatriote, Williams, venu se battre comme lui avec le POUM. On lui fournit un fusil de mauvaise qualité, un Mauser allemand de 1896 en mauvais état, mais il s’estime moins mal loti que les autres. Dans ce chapitre, l’auteur évoque la désorganisation de sa centurie, la saleté, les odeurs, le bruit…

L’auteur semble avoir un regard mitigé sur ces milices : d’un côté, il souligne l’incompétence des volontaires, le manque de nourriture, de bois, de bougies, et insiste tout particulièrement sur l’horreur de la saleté des tranchées (« En quatre-vingt nuits, je ne me suis déshabillé que trois fois »). De l’autre côté, il vante certains mérites de cette division : il y a une relative égalité sociale entre les soldats et une « discipline démocratique », les ordres et stratégies sont débattus avant d’être exécutés. Cette pratique est rendue possible par le fait que les miliciens ont une conscience politique et qu’ils ont compris pourquoi il fallait obéir, analyse Orwell. Les critiques portées contre les milices sont fréquentes, mais Orwell défend les miliciens, qu’il juge loyaux envers leurs idéaux.

Après avoir passé trois semaines au front, Orwell et l’autre milicien britannique de son unité, Williams, sont envoyés rejoindre un contingent d’une vingtaine de compatriotes envoyé par le ILP (Independent Labour Party) situé au Monte Oscuro, qui surplombe Zaragosse, afin qu’ils soient regroupés par nationalité. Là, il est surpris de la présence de trois femmes, chargées de cuisiner pour les miliciens, qui attirent les convoitises, « même si elles n’étaient pas belles à proprement parler » et doivent donc être protégées des hommes des autres compagnies. La vingtaine de miliciens britanniques qui sont avec lui forment « une troupe d’une exceptionnelle qualité, tant physiquement que moralement » : Orwell le remarque avec plaisir, puisque jusque-là il avait été déçu de voir que la guerre n’attirait que « la racaille ».

Si l’ennemi n’est qu’à 300 mètres de leur position, le danger est faible et ils s’ennuient, si bien qu’ils peuvent patrouiller en plein-jour, comme « des jeux de boy-scout ». Un avion fasciste, en leur lâchant des copies du journal propagandiste El Heraldo de Aragon, leur apprend la chute de Malaga. Les circonstances de sa chute, « honteuses », réveillent en lui le tout premier doute au sujet de cette guerre : « jusqu’alors, il m’avait semblé qu’il était si magnifiquement simple de voir qui était dans son droit, qui dans son tort », dit-il…

Le chapitre se clôt en février, lorsque lui et les 50 autres miliciens du POUM sont envoyés renforcer les troupes qui entourent Huesca, à une cinquantaine de kilomètres du Monte Oscuro où ils se trouvaient.

Dans ce chapitre, Orwell se plaint de l’ennui du front où il se trouve : à l’est d’Huesca, rien ne semble se produire, et ses aspirations guerrières sont déçues. Le quotidien des miliciens est décrit longuement, morne et répétitif. Il note laconiquement que « les rares femmes qui se trouvaient sur le front étaient uniquement source de jalousie. Les jeunes Espagnols s’adonnaient à la sodomie », tant les occupations sont rares. Déçu, il observe également avec effroi que personne au sein de sa colonne du POUM ne sait ce qu’est « une ficelle », l’instrument qui servait à nettoyer les fusils. Pour lui qui est un ancien élève du corps d’instruction des officiers du collège d’Eton, les approximations et les tâtonnements de ses camarades de combat pour s’approprier les armes sont un choc.

Après une blessure à la main qui demande à être immobilisée par une attelle, il passe dix jours dans un hôpital de fortune à Monflorite, en mars 1937. Il y est impressionné par la taille des rats, qui sont « aussi gros que des chats, ou presque. » À la fin de ce chapitre, il détaille rapidement les opérations militaires auxquelles il a pu prendre part, opérations d’observation embusquée de l’ennemi pour la plupart, là encore éloignées de l’idéal romanesque de la guerre qui était le sien.

Ici encore, Orwell constate que vraiment rien ne se passe à Huesca, là où il combat. Il entame alors une réflexion sur l’utilité de cette guerre, et ce qu’elle lui apporte d’un point de vue personnel. Il en conclut qu’il s’agit d’une période riche de sa vie, sans savoir pourtant expliquer pourquoi. Dans ce chapitre, Orwell raconte une opération militaire, déjà évoquée au chapitre V, mais qui avait été repoussée, destinée à repousser les troupes fascistes. Les miliciens du POUM retournent à leurs lignes avec des fusils et des munitions.

Ce chapitre est une parenthèse au cœur du récit, un interlude. L’auteur y résume les souvenirs des 115 jours qu’il a passé au front, et leur influence sur son idéologie politique. C’est une analyse qu’il effectue lors de la rédaction de l’ouvrage, avec la distance que lui procure le recul sur ces événements passés : « Naturellement à l’époque j’avais à peine conscience des changements qui s’opéraient dans mon esprit. »

Loin de lui ôter ses désillusions, ces balbutiements de socialisme auxquels il assiste dans la communauté du POUM renforcent profondément ses convictions politiques. Ainsi, comme il le dit, « cela eu pour résultat de rendre mon désir de voir établi le socialisme beaucoup plus réel qu’il ne l’était auparavant. » Le chapitre se termine au fil de ses réflexions, avec son arrivée à Barcelone, l’après-midi du 26 avril 1937 : le ton est pessimiste, puisque, « après cela les choses commencèrent à se gâter ».

Dans ce chapitre, Orwell est en permission et retourne à Barcelone où vit toujours sa femme. Dans le train qui emmène Orwell et les autres miliciens, l’auteur écrit « Nous étions tous profondément heureux ». L’atmosphère politique et sociale de Barcelone semble avoir profondément changée après ces trois mois au front : la ville ne semble plus révolutionnaire. Il y a une certaine indifférence face à la guerre, les préoccupations de l’arrière sont surtout le manque de nourriture et de tabac, ce qui ne correspond pas à l’image d’une guerre civile, où la population est censée être engagée. La division sociale est réapparue. La guerre était facteur d’homogénéisation sociale mais le manque de conscience de la guerre a ramené la situation à la division des riches contre les pauvres, explique Orwell. Les espoirs révolutionnaires semblent déçus. « Ce n’était plus la mode d’être dans les milices » écrit Orwell.

L’auteur veut quitter le POUM et confesse qu’il aurait souhaité rejoindre les anarchistes. Finalement, il songe à rejoindre les Brigades Internationales, pour pouvoir combattre à Madrid. La moitié du chapitre décrit les conflits entre les anarchistes de la CNT (Confédération Nationale des Travailleurs) et les socialistes de l’UGT (Union Générale des Travailleurs), aboutissant aux Journées de mai et aux batailles de rue.

Orwell raconte ici son implication dans les combats de rue du 3 mai, qui eurent lieu à Barcelone, lorsque les gardes civils du gouvernement, armés, tentèrent de récupérer le contrôle du central téléphonique, « dont la plupart des employés appartenaient à la CNT. » Orwell lui, défend le bâtiment du comité local du POUM, car la rumeur qu’il va être également attaqué s’est répandue.

En voyant les membres de la CNT être spontanément rejoints par des ouvriers, il parle de ses sentiments envers la classe ouvrière : « Je n’ai pas un amour particulier pour l’ouvrier idéalisé tel qu’il apparaît dans l’esprit communiste bourgeois, mais quand je vois un véritable ouvrier en chair et en os en conflit avec son ennemi naturel, l’agent de police, je n’ai pas besoin de me demander de quel côté je suis. » Il décrit la situation chaotique qui règne dans les rues de Barcelone, dans l’attente d’une éventuelle déclaration de guerre du gouvernement.

Après 60 heures d’attente, passées sans dormir, « l’armistice » semble venir : les fusillades se calment. Dans la soirée, les gardes civils de Valence viennent en renfort de leurs compagnons de Barcelone, puisqu’ils voient dans leur perte de contrôle sur la ville l’occasion de la gagner pour eux, afin d’assujettir un peu plus la Catalogne. Orwell parle de l’atmosphère abominable qui règne dans la ville, de la peur, et avoue se concentrer sur « ses propres émotions » : il renvoie le lecteur aux appendices pour des détails plus précis et chronologiques.

Dans ce chapitre, Orwell se rend compte que la guerre est une supercherie. Les seules perspectives potentielles de sortie de guerre l’attristent : Orwell prédit que le futur gouvernement sera fasciste. Il retourne au front, à Huesca, où il est nommé « teniente » (lieutenant). Peu de temps après son retour, il est touché à la gorge, une blessure qui l’empêche de combattre. Immédiatement, Orwell se croit voué à une mort certaine, il pense à sa femme et ressent une colère face à cette manière si absurde de quitter le monde.

Orwell est évacué à Sietamo, puis, à l’hôpital de Lleida, où il déplore l’incompétence des infirmières. Il est finalement emmené en train à Tarragone. En route, le train emmenant les blessés à Tarragone croise le train des Italiens vainqueurs à Guadalajara. Orwell y voit un tableau allégorique de la guerre, le train des blessés saluant le train des vainqueurs. À Tarragone, la blessure d’Orwell est examinée, plus d’une semaine après qu’il a quitté le front.

Dans ce chapitre, Orwell effectue plusieurs allers et retours entre les hôpitaux de Sietamo, de Barbastro, et de Monzón, afin d’effectuer les démarches administratives qui doivent lui permettre d’obtenir son certificat de démobilisation. Ces démarches sont fastidieuses, puisque s’il a déjà été déclaré inapte par les médecins, il doit passer devant le conseil de santé d’un des hôpitaux du front, pour ensuite aller à Sietamo afin que l’on vise ses papiers au quartier général des milices du POUM. C’est une véritable épreuve pour l’auteur, car « les voyages sont embrouillés et fatigants ».

Il est physiquement affaibli, ce qui lui provoque un sentiment de honte face à ses camarades : « J’étais encore trop faible pour grimper dans un camion sans être aidé ». À son retour à Barcelone, il apprend avec tristesse que le POUM a été déclaré « organisation illégale », que la quasi-totalité de ses camarades ont été emprisonnés sans mandat d’arrêt, et que l’on commence déjà à les fusiller. Obligé de fuir et de se cacher, il doit déchirer sa carte du POUM pour éviter d’être capturé comme ses camarades, mais il ne s’y résout pas, mais sa femme Eileen finit par le faire. Il passe la nuit dans une église en ruine, puisqu’il ne peut prendre le risque de rejoindre son hôtel.

Orwell décrit la visite qu’il rend, avec sa femme, à Georges Kopp, un de ses compagnons d’armes, incarcéré. Ce chapitre est l’occasion de dénoncer l’insalubrité des prisons espagnoles de l’époque. L’auteur tente de libérer Kopp, même si cela est risqué, car il doit avouer qu’il a servi dans les milices du POUM, devenues illégales. Orwell décrit une atmosphère de suspicion et de haine, ce qui rend le geste d’un officier espagnol, qu’Orwell rencontre lorsqu’il rend visite à Kopp, d’autant plus symbolique : l’officier lui serre la main, alors qu’il sait qu’il devrait l’incarcérer pour son engagement au POUM. « Ce geste me toucha » écrit l’auteur. Il explique ainsi qu’il garde un souvenir terrible de l’Espagne, mais pas des Espagnols dont il loue la noblesse et la générosité. Orwell est obligé de jouer un double-jeu : il est bourgeois le jour, révolutionnaire la nuit. La prudence, à Barcelone, est dorénavant « de paraitre le plus bourgeois possible ».

Orwell et sa femme décident finalement de quitter l’Espagne. Ils passent la frontière des Pyrénées avec un ami, Mc Nair, et arrivent en France sans encombres, grâce à l’incapacité professionnelle des Espagnols qui n’ont pas fait figurer le nom d’Orwell sur les registres de « fugitifs » en temps voulu. Le couple Orwell ne profite pas pleinement du passage en France, ils sont encore obnubilés par l’Espagne. À leur retour en Angleterre, ils sont frappés par le calme, l’ordre britannique, comparé au désordre espagnol.

Le premier appendice était, dans la version anglaise originelle, le chapitre V, comme l’explique la traductrice Yvonne Davet. Ce chapitre a été reporté à la fin du livre car « [il traite] de la politique intérieure de la révolution espagnole, écrivait Orwell, et il me semble que le lecteur les trouverait ennuyeux. Mais en même temps ils ont une valeur historique ». Cet appendice évoque le contexte politique espagnol au moment des faits. Orwell y explique les différences entre le Parti Socialiste Unifié de Catalogne (PSUC), sous contrôle communiste, affilié à la IIIe Internationale, les anarchistes et le POUM.

De la même manière que le premier appendice, le second devait initialement être le chapitre XI. Cet appendice donne un aperçu des réflexions politiques d’Orwell. L’auteur veut dissiper les mythes de la presse sur les Journées de mai 1937 à Barcelone. Ces batailles ont eu lieu entre les membres du POUM et les anarchistes de la Confédération nationale du travail d’un côté, et les communistes, les forces du gouvernement, de l’autre. Orwell y relate la suppression du POUM (en juin 1937) et l’illustre d’exemples de la presse communiste : il cite, par exemple le Daily Worker du 21 juin qui titre: « Les trotskistes espagnols conspirent avec Franco ».

Ces annexes historiques permettent d’objectiver la subjectivité du récit due à la coïncidence entre la voix de l’auteur avec celle du narrateur.

Les contemporains d’Orwell ont une réception mitigée de l’ouvrage. Si des critiques positives vont émaner d’auteurs comme Geoffrey Gorer (en), qui affirme dans Time and Tide que « politiquement, et en tant que littérature, c’est une œuvre de première importance » ; d’autres auteurs seront plus hostiles. John Langdon-Davies (en) écrit dans le journal anglophone du Parti Communiste que « la valeur de ce livre est qu’il nous donne une représentation honnête de cette mentalité qui chérit l’idée d’une révolution romantique, mais qui se tient prudemment à l’écart de la discipline révolutionnaire. Il faut lire cet Hommage comme une mise en garde ». V.S. Pritchett, lui, parle de la naïveté d’Orwell, mais lui reconnaît son talent pour rendre compte des conditions de vie des miliciens de la Guerre d’Espagne. Quant à Raymond Carr, il voit en Hommage à la catalogne « l’une des rares exceptions » à la profusion de mauvaise littérature qu’à produit la guerre civile espagnole, la raison étant que « Orwell était déterminé à raconter la vérité comme il l’avait vue ».

Après avoir peu éveillé l’intérêt des lecteurs pendant des années, Hommage à la Catalogne a connu un retour en grâce dans les années 1950, après le succès des autres livres d’Orwell. La publication en 1952 de la première édition américaine a élevé Orwell au rang de saint séculaire, selon Lionel Trilling. Un autre tournant arriva à la fin des années 1960, quand le livre « trouva des nouveaux lecteurs, en âge d’étudier le radicalisme et la guerre de guérillas, Orwell étant vu comme un jeune Che Guevara » comme l’explique Noam Chomsky.

Stéphanie Duncan, critique littéraire pour France Inter, parle d’un « vibrant plaidoyer pour ses camarades touchés par la répression stalinienne, mais aussi un plaidoyer pour la vérité, et contre la pensée totalitaire », soulignant à la fois l’intérêt littéraire et historique de l’ouvrage.

Dans sa critique de l’œuvre, Stéphanie Duncan souligne également les très fortes analogies entre les thématiques d‘Hommage à la Catalogne et celle de 1984 : pour elle, c’est dans la guerre d’Espagne qu’Orwell trouve l’inspiration pour son roman d’anticipation politique. Dans Hommage à la Catalogne, il fait une « découverte fondatrice pour sa pensée politique, celle d’une société sans classes, où les hommes sont réellement égaux (…), vous le voyez, 1984 n’est pas loin ».

Orwell lui-même reconnaît que, à la suite de ses expériences de 1936-1937 (d’abord son voyage dans le nord de l’Angleterre pour y faire un reportage sur la vie ouvrière, et ensuite la guerre d’Espagne), « tout ce [qu’il] a écrit de sérieux […] a été écrit, directement ou indirectement, et jusque dans la moindre ligne, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique » écrit-il en 1946, comme le reprend John Newsinger (en) dans sa biographie de l’auteur. Guy Hermet fait écho à cela en écrivant, dans La guerre d’Espagne, qu’Orwell n’aurait pas dénoncé le totalitarisme et écrit 1984 sans cette « expérience incandescente de la guerre civile en Catalogne ».

Quand il arrive en Espagne à l’âge de 33 ans, il a déjà produit cinq ouvrages, trois romans et deux livres de non-fiction. C’est son expérience de la guerre civile espagnole qui lui fournit les thématiques que l’on retrouvera dans 1984, le plus célèbre de ses romans — tout comme la révolution russe lui servira d’inspiration à La ferme des animaux. Ainsi, le cadre de la guerre est celui que l’on retrouve dans la société de 1984, tout comme celui du totalitarisme, qu’il dénonce à travers la figure de Big Brother ; comme il l’avait déjà dénoncé dans Hommage à la Catalogne : « Le plus effrayant dans le totalitarisme n’est pas qu’il commette des atrocités mais qu’il détruise la notion même de vérité objective : il prétend contrôler le passé aussi bien que l’avenir. »

La propagande à laquelle il a assisté en Espagne est aussi présente : « Le gros agent russe retenait dans les encoignures, l’un après l’autre, tous les réfugiés étrangers pour leur expliquer de façon plausible que tout cela était un complot anarchiste. Je l’observais, non sans intérêt, car c’était la première fois qu’il m’était donné de voir quelqu’un dont le métier était de répandre des mensonges — si l’on fait exception des journalistes, bien entendu. » Cet épisode où des pseudo-vérités contradictoires sont affirmées successivement n’est pas sans rappeler l’épisode de la ration de chocolat dans 1984 : la radio annonce que la ration de chocolat est augmentée à x grammes, alors qu’en fait elle diminue et passe à cette fameuse quantité.

Enfin, le dernier élément de 1984 que préfigure la guerre civile espagnole est celui de la pression de la hiérarchie sociale. En effet, c’est après avoir connu les balbutiements d’une organisation sans classes au sein des troupes du POUM, qu’il va prendre conscience de la forte structure sociale de l’Angleterre, à son retour : « l’habituelle division de la société en classes avait disparu dans une mesure telle que c’était chose presque impossible à concevoir dans l’atmosphère corrompue par l’argent de l’Angleterre ; il n’y avait là que les paysans et nous, et nul ne reconnaissait personne pour son maître. […] Nous avions respiré l’air de l’égalité, et cela nous plaisait. »

Des analogies plus ponctuelles peuvent être faites entre certaines scènes des deux ouvrages : on peut ainsi relier la phobie des rats de Winston Smith, personnage principal de 1984, qui se fait torturer dans la chambre 101, à celle qui a accompagné Orwell depuis ses nuits dans les tranchées espagnoles, où les rats étaient nombreux et « aussi gros que des chats ».

La guerre civile espagnole, telle qu’Orwell la décrit dans Hommage à la Catalogne apparaît donc comme le terreau des idées centrales de 1984.

Geng Xiaofeng

Geng Xiaofeng (耿曉鋒T, 耿晓锋S, Gěng XiǎofēngP; Shenyang, 15 ottobre 1987) è un calciatore cinese, portiere dello Shanghai Greenland Shenhua.

1 Geng · 2 Xiong · 3 Li J. · 4 Kim · 5 Wang S. · 6 Li W. · 8 Zhang · 9 Ba · 10 Moreno · 11 Lü · 13 Guarín · 16 Li Y. · 17 Martins · 18 Gao D. · 19 Zheng · 20 Wang Y. · 22 Qiu · 23 Bai · 24 Deng · 25 Wang L. · 26 Qin · 27 Li S. · 28 Cao Y. · 30 Tao · 32 Xu Junm. · 33 Bi · 35 Gao S. · 36 Xu Jun · 37 Cao C. · 38 Chen · Allenatore: Manzano

Frêne de l’Oregon

Fraxinus latifolia

Frêne de l’Oregon

Nom binominal

Fraxinus latifolia
Benth.

Classification phylogénétique

Le frêne de l’Oregon (Fraxinus latifolia) Benth. Syn. (Fraxinus oregona) Nuth. est une espèce d’arbre originaire de l’Amérique du Nord, de la famille des Oleaceae.

Cette espèce préfère les sols de fond de vallée, riches en humus, profonds, frais et humides. Elle affectionne particulièrement les sols argilo-limoneux bordant les rivières.

C’est un arbre à feuillage caduc, poussant à une hauteur variant entre 20 et 25 m, avec un tronc droit dont le rhytidome de couleur gris verdâtre, se fissure en vieillissant.

Dans de bonnes conditions, il peut facilement vivre 250 ans.

Les jeunes rameaux sont tomenteux.

Les fruits sont des samares oblongues de couleur brun clair ayant de 3 à 5 cm de longueur sur 3 à 9 mm de large arrivant à maturité de mi-août à début septembre.

Les feuilles opposées, et pennées de forme elliptique ou ovale à oblongue. D’aspect mat elles sont de couleur verte avec parfois des nuances de vert jaunâtre. Elles sont pubescentes sur les deux faces au début de leur croissance, pourvues de 5 à 9 folioles sessiles et mesurent entre 8 et 16 cm de long.

Les panicules terminales glabres, portent de petites fleurs polygames campanulées de couleur verdâtre avec des anthères oblongues.

En Amérique, il est recherché pour la fabrication de charpentes, de meubles, d’équipements sportifs, de manches d’outil et de tonneaux. Sa grande rapidité de croissance, son haut pouvoir calorifique et la facilité avec laquelle il se laisse fendre en font aussi un bois de chauffage recherché.

En Europe, il est plutôt utilisé pour l’ornementation des parcs où il peut être planté en sujet isolé ou dans les massifs, car il est très rustique et a une belle silhouette.

Il peut aussi être utilisé comme arbre d’alignement le long des routes et des cours d’eau.

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ECEF

ECEF, acronimo di Earth-Centered Earth-Fixed, è un sistema di coordinate cartesiane geocentrico. Il punto (0,0,0) denota il centro della terra (da cui il nome „Earth-Centered“) ed il sistema ruota in maniera solidale con la Terra. Il piano X-Y è coincidente con il piano equatoriale con i rispettivi versori che puntano le direzioni di longitudine 0° e 90°; l’asse Z ortogonale a questo piano punta nella direzione del Polo Nord. Le coordinate X,Y,Z sono rappresentate in metri.

Le coordinate ECEF sono utilizzate nel sistema di posizionamento GPS, in quanto considerate come il sistema di riferimento terrestre convenzionale. Questo è necessario per poter affrontare matematicamente i problemi relativi al posizionamento e navigazione satellitare, che necessitano di un sistema di riferimento in cui si possano rappresentare sia lo stato del satellite che quello del ricevitore.

Il sistema di riferimento ECEF non tiene conto dei movimenti reciproci delle placche continentali: per far fronte a ciò in Europa si fa riferimento all’ETRS (European Terrestrial Reference System).

Municipio de Eloxochitlán (Puebla)

Eloxochitlán es un municipio localizado en la parte sureste del estado de Puebla. Su nombre significa “Entre las flores de elote”. En 1522 fue sometido por los españoles y para 1895 se logró constituir como un municipio libre. En el municipio hay un alto indice de población indígena: cerca del 44%.

Eloxochitlán está ubicado al sureste del estado. Colinda al norte con el estado de Veracruz, al sur, con Zoquitlán, al este con Tlacotepec de Porfirio Díaz y al oeste con Ajalpan. Tiene una extensión de 109 kilómetros cuadrados.

En la parte alta del municipio se realizan actividades de explotación de bosques de madera para la construcción. El municipio se dedica principalmente a la agricultura enfocándose en la producción de granos como el maíz, el frijol y el café. La segunda actividad principal del municipio es la ganadería criando principalmente ganado bovino, porcino, caprino, ovino, equino y aves de corral, principalmente el pollo.

El 90% de la población es católica. La fiesta patronal se realiza en honor a San Miguel Arcángel a finales del mes de septiembre de cada año.

La cocina típica de la zona incluye mole de cadera, o espinazo, totopos, tlaxcales y chileatole. En cuanto a dulce podemos encontrar: conservas de durazno, tejocote y manzana.

Su índice de marginación es de 2.260 lo cual lo ubica en el segundo municipio con mayor marginación del estado. Se estima que más de 9000 mil habitantes hablan una lengua indígena y que el 44% de la población es indígena.

Abel Resino

* Senior club appearances and goals counted for the domestic league only.

Abel Resino Gómez (born 2 February 1960), sometimes known just as Abel, is a Spanish retired footballer who played as a goalkeeper, and a current coach.

Nicknamed El Gato (The Cat) due to his reflexes, he played most of his professional career at Atlético Madrid. For roughly one year, starting in early 2009, he also coached the club, helping it qualify once for the Champions League.

Over the course of ten seasons, nine of those with Atlético, Abel appeared in 264 games in La Liga.

Born in Velada, Province of Toledo, Abel arrived at Club Atlético de Madrid in 1982 from lowly CD Ciempozuelos after also having represented local CD Toledo, but would have to wait five years (four of those spent with the reserve side, only managing to be first-choice in his third season) to become a starter. He went on to amass over 300 overall appearances for the club, helping to back-to-back Copa del Rey trophies.

Abel held the record for the longest clean sheet in La Liga at 1,275 minutes, finally being beaten by Luis Enrique of Sporting de Gijón on 19 March 1991. This record was also the European record in a single season until 2009, when Edwin van Der Sar from Manchester United broke it against Fulham.

Leaving the Colchoneros precisely before the team’s double conquest in 1996, Abel closed out his career at the age of 36 after one season with Madrid neighbours Rayo Vallecano, helping it retain its top division status. He played in two 1991 friendlies with Spain, the first being on 27 March in a 2–4 defeat to Hungary and the second with Romania the following month.

After retiring Resino returned to Atlético, in different periods and capacities (goalkeeper coach, sporting director). In 2005 he started his head coaching career, with second division’s Ciudad de Murcia, leading it to a near-top level promotion after finishing fourth.

Resino’s next stop was Levante UD, which had in fact promoted the previous year. After taking charge midway through the campaign, replacing Juan Ramón López Caro, he helped the team avoid relegation and had his link renewed; however, seven games and six losses into the following season, he was sacked.

After one-and-a-half solid seasons in the second level with CD Castellón, Resino returned to Atlético, replacing released Javier Aguirre in February 2009 and helping the club to exactly the same place as the previous year, with the subsequent qualification to the UEFA Champions League, after which he extended his contract. On 23 October he was fired following a poor string of results – only one win in the league from seven outings, the culmination being the 0–4 group stage loss at Chelsea for the Champions League.

In early December 2010, Abel was appointed head coach of Real Valladolid in the second division, replacing sacked Antonio Gómez. His first game in charge produced nine goals, a 4–5 home loss against CD Numancia.

Resino was appointed at Granada CF on 22 January 2012, replacing Fabriciano González following a 0–3 away loss at RCD Espanyol, fired even though the club was still out of the relegation zone. On 18 February of the following year he returned to active and the top flight, taking the place of fired Paco Herrera at relegation-threatened side Celta de Vigo.

Resino returned to Granada on 19 January 2015, replacing fired Joaquín Caparrós at the helm of the bottom-placed team. He was relieved of his duties on 1 May, after only being able to climb one position in the table.

Tomasz Rząsa

2 Stand: 22. August 2008

Tomasz Rząsa [ˈtɔmaʃ ˈʒɔ̃sa] (*13. März 1973 in Kraków, Polen) ist ein ehemaliger polnischer Fußballspieler.

Seine Karriere begann Rząsa 1992 beim polnischen Zweitligisten Sokół Pniewy. 1994 unterschrieb er bei den Grasshoppers aus Zürich. Eine Saison später wechselte er auf Leihbasis zum FC Lugano. Danach blieb er bis zur Saisonpause der Saison 1996/97 bei den Hoppers, ehe er für den Rest der Saison zu den Berner Young Boys wechselte. Zur Saison 1997/98 wechselte er zu De Graafschap. 1999 wechselte er zu Feyenoord Rotterdam, mit denen er 1999 niederländischer Meister und Sieger der Johan-Cruyff-Schaal wurde. 2002 holte er mit Feyenoord den UEFA-Pokal. Zur Saison 2003/04 wechselte er zu Partizan Belgrad. Eine Saison später ging er zurück in die Niederlande zum SC Heerenveen. Seit der Saison 2005/06 spielt er für ADO Den Haag. Zur Saison 2006/07 wechselte er zum österreichischen Erstligisten SV Ried, wo er dank seiner großen internationalen Erfahrung (WM-Turnier, Champions League, UEFA-Pokal) der erfahrenste Spieler und einer der erfahrensten der ganzen österreichischen Liga war. Er beendete seine Karriere 2008.

Für die polnische Fußballnationalmannschaft spielte er 28 Mal (1 Tor) und nahm mit ihr an der Weltmeisterschaft 2002 teil.

Mittlerweile ist Tomasz Rząsa technischer Direktor beim polnischen Erstligisten Cracovia Krakau.

Matteo Negri

Matteo Negri (Palermo, 21 giugno 1818 – Scauri, 29 ottobre 1860), generale di brigata dell’Esercito delle Due Sicilie.

[senza fonte]

Figlio primogenito del capitano Michele Negri, barone di Paternò, e di Maria Antonia Termini dei duchi di Vaticani, abbracciò giovanissimo la carriera delle armi, entrando appena quattordicenne alla Reale Accademia Militare della Nunziatella di Napoli il 1º ottobre 1832. Al completamento del percorso formativo, il 1º marzo 1839 fu nominato Alfiere di artiglieria.

Studioso di notevole livello, oltre che al servizio, si dedicò alla redazione di volumi specialistici sull’uso dell’artiglieria, pubblicando inoltre diversi studi sulle proprietà delle armi a canna rigata. Tali capacità gli consentirono di percorrere una rapida carriera all’interno dell’Esercito delle Due Sicilie, conseguendo la nomina a tenente colonnello l’8 agosto 1860, a soli quarantadue anni. Frattanto, la spedizione dei Mille e la successiva invasione da nord dell’Armata Sarda avevano posto il Regno in stato di guerra, e il 7 settembre Negri accorse presso la fortezza di Capua, per mettersi a disposizione del re Francesco II delle Due Sicilie.

Notato dal Capo di Stato Maggiore dell’Esercito, il generale Giosuè Ritucci, fu chiamato a prestare servizio alle sue dipendenze, con l’incarico di Sottocapo di Stato Maggiore. Il 19 settembre, la fortezza di Capua fu attaccata dalle truppe nemiche, e Negri, postosi al comando dell’artiglieria, diede prova di grande valore e perizia. Ricordandone l’azione, il collega Ludovico Quandel scrisse di lui:

L’arrivo da nord dell’Armata Sarda mise la fortezza di Capua in condizione di non poter resistere, e le forze napolitane furono riorganizzate in modo da trasferirsi dalla linea del Volturno a quella del Garigliano. Negri, che era stato intento promosso prima colonnello, e poi generale di brigata, fu protagonista di tale movimento, coordinando lo spostamento di circa 19.000 uomini.

La linea del Garigliano fu presto attaccata dalle truppe del generale Cialdini, il quale tentò di effettuare un’azione a sorpresa per passare il fiume sul ponte del Garigliano, nella quale utilizzò un piccolo nucleo di truppe di movimento (due reggimenti di lancieri, uno di dragoni e quattro battaglioni di bersaglieri), appoggiate da alcuni pezzi di artiglieria. Tale azione fu controbattuta dalle truppe borboniche, ed in particolare dal 2°, 3°, 4° e 14° Cacciatori, dal 3º Reggimento Fanteria di Linea e da più di trenta cannoni, con l’appoggio di nuclei di altri reparti minori. Negri, che aveva il comando dell’artiglieria, fu ferito prima ad un piede e poi all’addome durante il combattimento, ma rifiutò di lasciare il suo posto per farsi soccorrere. Il suo esempio e sacrificio animarono i difensori del ponte, i quali riuscirono a tenere sotto scacco le forze avversarie, fino a consentire il passaggio di tutta l’Armata napolitana al di là del fiume.

Non più in condizione di combattere, Negri fu soccorso e condotto in una casa di Scauri. Circondato da Ludovico Quandel, dal principe Alfonso di Borbone, conte di Caserta, e dal capitano Raffaele D’Agostino, nonostante i tentativi di cura, l’ufficiale spirò poco dopo.

Appresa la notizia, il re Francesco II dispose che a Negri fossero riservati onori speciali, e che il suo corpo fosse inumato nel Duomo di Gaeta. Scrisse in particolare al generale Francesco Salzano:

Popelmann

Der Popel oder Popelmann ist eine Sagengestalt, ein Kobold oder Hausgeist und eine Kinderschreckfigur aus dem in Tschechien liegenden Sudetenland.

Der Popel wird als Dämon beschrieben, der kleine Kinder entführen soll, wenn diese unfolgsam oder unartig waren. Der schwarze Mann hat kein Gesicht und verhüllt Kopf und Körper in einem weißen Umhang. Nachts schleicht er sich in die Häuser der Kinder, die wegen ihrer Aufsässigkeit nicht mehr von den guten Geistern beschützt werden, steckt sie in einen großen Sack und verschleppt sie. Bei der Auswahl seiner Opfer wird er von seiner Lebensgefährtin Popelhole begleitet, die bei den Kindern häufig in einem letzten Test überprüft, ob diese im Grunde ihres Herzens gut oder böse sind. Gemeinsam leben sie in den Sümpfen in der Nähe von Iglau, wo der Popel seine anderen Eigenarten zeigt. Bauern in der Nähe der Sümpfe berichteten der Legende nach, dass der eitle Popel besonders nach einem Gewitter die meiste Zeit damit beschäftigt war, auf einem Damm sitzend sein Haar zu kämmen. Wenn sich ihm aber Erwachsene näherten, verschwand er sofort spurlos. Sobald er sich nicht um die Haarpflege kümmerte, tanzte er fröhlich mit seiner Gefährtin oder alleine, was ihm trotz seiner Grausamkeiten in manchen Geschichten den Ruf eines eigentlich fröhlichen Koboldes einbrachte:

Tanz, tanz, Popelmann
uf unsern Bodden rum;
ach wier es nicht der Popelmann
’nen Thaler gäb ich drum.

In einer neuzeitlichen Variante der Sage gibt es eine ganze Reihe von Popelmännern, die sich nach ihren Beutezügen auf dem Popelberg trafen und gemeinsam tanzten.

Der Name Popel stammt wahrscheinlich von dem polnischen Herrscher Popiel II. Dieser galt als besonders grausam, fand einen gewaltsamen Tod und wurde der Legende nach von Mäusen verspeist. Einer anderen Theorie zufolge stammt der Begriff aus dem schlesischen Dialekt. Hier bedeutet popeln etwas zu verhüllen, ein Popel oder Gerstepopel ist eine verhüllte Vogelscheuche.

Martin Luther sah in dem Popel einen Dämon des Satans, der als Gegenstück zu den Schutzengeln fungierte. Er empfahl Eltern in einem Buch, ihren Kindern mit dem Popelmann zu drohen, wenn diese nicht auf sie hören wollten oder nicht genug Frömmigkeit zeigen sollten.

Liebes Kind, soll man sagen, willst du nicht fromm sein, so wird dein Engelein von dir laufen, und der böse Geist, der schwarze Popelmann, zu dir kommen.

Die Brüder Grimm nahmen den Popel und seine Gefährtin in ihre Sammlung deutscher Märchen und beschrieben sie außerdem in ihrem deutschen Wörterbuch.

In Analogie zu dem drohenden Unheil durch den Popel wurden nahende Gewitterwolken beschrieben, die „wie Popel“ aufzögen. Im Volksmund werden deshalb schwarze entstehende Gewitterwolken heute als Popel bezeichnet.

Besondere Verbreitung fanden die Sagen um den Popel im Sudetenland. Durch die Darstellungen von Luther und den Brüdern Grimm wurde die Legende besonders in den deutschen Gebieten bekannt. Die Verwünschung: dass dich der Popel hole! war ebenso verbreitet wie das Kinderlied Der Popelmann:

Der Popelmann, der Popelmann
der hat nen weißen Kittel an,
und steckt in einen großen Sack
alles verlauste Huckepack.